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Le territoire

Le Pays de Brocéliande est l’un des plus petits Pays de la région tant en superficie qu’en population, mais il abrite le plus grand massif forestier de Bretagne. Les 43 communes sont regroupées en cinq Communautés de communes. Le Pays ne compte pas d’agglomération importante. Il est en grande partie placé sous l’influence urbaine de Rennes, près des deux tiers des communes et du Pays appartenant à l’aire urbaine de Rennes. La partie sud, autour de Plélan-le-Grand et Paimpont, comme la frange nord sont plutôt rurales.

Traversé par les axes routiers Rennes - Saint-Brieuc, Rennes - Lorient et la route du centre-Bretagne, le Pays bénéficie d’une très bonne desserte routière qui a favorisé son développement. La liaison ferroviaire Montauban-Rennes offre par ailleurs aux actifs un accès TER au pôle économique rennais. L’épine dorsale du Pays est constituée par l’axe Rennes - Saint-Brieuc et la bifurcation vers le centre-Bretagne, hébergeant les principaux pôles économiques et la future plate-forme logistique de La Brohinière.

Une population jeune

Au recensement de 1999, le Pays comptait près de 57 700 habitants sur une superficie de 929 km2, soit 2 % de la population bretonne sur 3,4 % du territoire régional. Sur l’ensemble du Pays, la population a augmenté de 15 000 habitants depuis 1968, progression deux fois plus rapide que la moyenne régionale. Entre 1975 et 1982, la population augmentait très vite, près de 2 % par an. Depuis 1980, le rythme de croissance s’est ralenti mais reste élevé, près de 0,8 % par an. Le solde migratoire largement excédentaire a été le principal facteur de croissance sur l’ensemble de cette période et il contribue pour 60 % à la croissance totale de la population ; le solde naturel (différence entre naissances et décès) apporte les 40 % restants. Brocéliande, comme les Pays des Vallons de Vilaine ou Vitré, est un Pays jeune. En 1999, 30 % des habitants du Pays ont moins de 20 ans, contre 26,7 % sur l’ensemble de la Bretagne.

Forte mobilité et augmentation du nombre de logements

Sur les 57 700 habitants du Pays, 15 500 n’y résidaient pas en 1990 ; seuls les Pays des Vallons de Vilaine et de Rennes comptent une part plus importante de nouveaux arrivants sur leur territoire en 1999. Sur la même période, 11 370 personnes ont quitté le Pays. Les nouveaux arrivants sont très majoritairement des actifs qui s’installent avec leur famille dans une maison individuelle.

Pour répondre aux besoins, augmentation de la population et diminution de la taille des ménages, le nombre de logements a augmenté deux fois plus vite que la population depuis 1968. En 1999, le Pays comptait 21 500 résidences principales. Environ 3 000 logements ont été construits depuis 1990, et 20 % des 2 100 résidences secondaires de 1990 sont devenues des résidences principales en 1999, le nombre de logements vacants diminuant également.

Croissance rapide de la population active

Le Pays comptait 26 400 actifs en 1999, 3 000 de plus qu’en 1990. Brocéliande a enregistré une forte augmentation de résidants actifs, + 13 %, deux fois plus rapide qu’au plan régional, croissance cependant moins forte que celle des Pays de Vallons de Vilaine ou de Vannes. Cette croissance est principalement liée à l’âge des habitants du Pays. Les générations de jeunes arrivants sur le marché du travail sont beaucoup plus nombreuses que celles qui ont pris leur retraite ; l’arrivée de nouveaux habitants ne contribue que pour un cinquième à l’augmentation du nombre d’actifs.

Face à cette ressource de 3 000 actifs supplémentaires, l’économie du Pays a créé 1 330 emplois supplémentaires. La majorité des actifs supplémentaires travaillent dans le Pays de Rennes. Le déséquilibre entre la croissance des actifs et celle de l’emploi est réel mais nettement moins important que dans les décennies précédentes. Entre 1982 et 1990, la population active avait augmenté de 1 500 personnes tandis que le Pays perdait 700 emplois.

De plus en plus d’actifs travaillent hors du Pays

En 1999, moins de la moitié des actifs résidants travaillent dans les limites géographiques du Pays ; en 1990, ils étaient 58 % à travailler au sein du Pays. Cette baisse s’explique essentiellement par la baisse des emplois agricoles. Les déplacements entre lieu de travail et lieu de résidence ont augmenté tant en nombre qu’en distance, en raison notamment du développement des couples bi-actifs.

Les flux de déplacements domicile-travail se sont développés avec les Pays limitrophes et particulièrement avec le Pays de Rennes. Ce dernier emploie 10 270 personnes résidant dans le Pays de Brocéliande,

1 800 personnes faisant le trajet inverse. Les flux d’échanges avec le Pays de Ploërmel-Cœur de Bretagne ont également augmenté, notamment dans le sens Brocéliande - Ploërmel-Cœur de Bretagne : en 1999, 470 habitants se rendent vers ce Pays pour travailler, les flux sont plus faibles dans l’autre sens. Le Pays de Brocéliande fournit par ailleurs 550 emplois aux résidants du Pays de Dinan tandis que 300 actifs font le trajet inverse. Les échanges avec les autres Pays sont moins nombreux.

Croissance de l’emploi et faible chômage

Après une décennie 80 difficile (près de 100 emplois perdus par an), le Pays a renoué avec la croissance de l’emploi dans les années 90 : 150 emplois ont été créés en moyenne chaque année dans le Pays. Le rythme de croissance de l’emploi a été plus soutenu que le rythme breton, 9,4 % contre 7,6 %.

Le Pays comptait 1 900 chômeurs en 1999, 100 de plus qu’en 1990. La progression du nombre de chômeurs a été plus faible que celle des actifs ayant un emploi. Le taux de chômage a donc diminué, passant de 7,7 en 1990 à 7,2 % en 1999, contre 10,8 et 10,6 % sur l’ensemble de la Bretagne. En 1999 comme en 1990, Brocéliande était, après Vitré, le Pays connaissant le taux de chômage le plus faible. La reprise économique de 1999-2000 avait fait chuter à moins de 1 000 le nombre de chômeurs au début 2001. Le ralentissement de l’activité a inversé la tendance après cette date, 1 500 demandeurs d’emploi de catégorie 1 étaient inscrits à l’ANPE à la fin décembre 2002.

Forte spécialisation dans l’agroalimentaire

Le Pays comptait 15 200 emplois en 1999, 1 330 de plus qu’en 1990. Trois pôles se détachent : Monfort-sur-Meu (2 500 emplois), Montauban-de-Bretagne (2 200) et Saint-Méen-le-Grand (1 800). Les deux premiers pôles ont créé près de 500 emplois supplémentaires chacun sur la décennie. La création d’emploi a été moins soutenue sur Saint-Méen-le-Grand. Plélan-le-Grand en a créé plus de 200 et approche les 1 000 emplois en 1999. Cette croissance de l’emploi est liée au développement des activités tertiaires (commerce, santé, services aux entreprises) et à l’expansion des établissements agroalimentaires. Les sept plus gros établissements du Pays sont en effet spécialisés dans cette activité : une dans la fabrication de fromage, les autres dans les industries de la viande.

Outre l’agroalimentaire (près de 2 500 emplois en 1999), l’agriculture, avec près de 2 400 emplois en 1999, reste également un point fort pour le Pays, mais ce secteur a perdu 40 % de ses emplois depuis 1990, baisse plus marquée que sur l’ensemble de la Bretagne. Bien qu’il compte une majorité d’emplois dans le tertiaire, le Pays est faiblement représenté dans la plupart des activités de services (administration, banque-assurances, conseil et assistance aux entreprises, hôtels-restaurants), activités caractéristiques des zones plus « urbaines ».

Davantage de professions intermédiaires, d’employés et de cadres

La structure sociale des résidants du Pays s’est sensiblement modifiée depuis 1990. Les ouvriers restent la catégorie la plus représentée et ils occupent des emplois plus souvent qualifiés qu’en 1990. Le nombre d’employés a augmenté de 30 % en raison notamment de la progression du nombre d’employés de la fonction publique, du commerce et des services aux particuliers. Mais ce sont les professions intermédiaires, cadres intermédiaires d’entreprise et techniciens, qui ont augmenté le plus. Le nombre de cadres supérieurs a crû plus vite que la moyenne bretonne, mais leur part au sein des actifs ne représente encore que 6,8 % des effectifs en 1999, contre 10,2% sur l’ensemble de la Bretagne.

Source : INSEE